odalisque (simone Seguela-Saulais

 

La mer s’est délestée de toutes ses guipures

les repoussant du pied, mollement sur la plage.

Il est midi, la dune enfle un édredon sage

au chevet de sa muse endormie sans parures.

 

Son genou s’écartant vient heurter un haut-fond

une morve d’écume en témoigne, s’émiette

sans arracher la belle à sa torpeur muette

ni ravir un soupir à son sommeil profond.

 

La mer a quelquefois la chair lisse et huilée

d’une grande odalisque indolente et hâlée

que l’ardeur du soleil écrase en son alcôve.

 

On l’imagine mal briser un coquillage

mais la voile piquant un léger tatouage

à son épaule craint ses rages de grand fauve.

Image d'après Simone Seguala-Saulais