La perluète

21 septembre 2018

L'été des ganivelles

 

oyats-ganivelles madameodin1

Plage livrée par lots sur des carrés d’éponge

le bonheur est en solde entre les parasols !

                    

Au rayon produits-frais

carpaccio saisonnier

l’océan se détaille en minces vaguelettes             

 

Du parking au rivage

sous le laser brûlant d’un soleil outrancier

courent les ganivelles

                    code-barres de l’été

 

On rêve de surprendre un brin de vie sauvage

que la dune recèle à l’ombre des palis

 

Mais l’œil vif des chardons

                      le frisson des oyats

                                           la flamme des pavots

attendent patiemment l’exil des vacanciers qui leur rendra

                    l’appel joyeux du gravelot

                                             piquetant son reflet au miroir de l’estran

 

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03 septembre 2018

Lumière de septembre

lumiere de septembre

 

Lumière veloutée

brodeuse de paresse

succédant à l'ogresse fougueuse de l'été

le soleil de septembre a l’échine élastique

du chat rentrant au gîte d’une démarche oblique

 

Lumière apprivoisée

buveuse de caresses

qui ne se cogne plus contre les volets clos

mais rampe avec adresse

coulant l’or de son dos

sous l’armoire percluse dont craquent les vieux os

 


Lumière pacifiée

traînant ses derniers feux

avant de disparaître

guettée par l'ombre bleue tapie sous la fenêtre

 

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25 août 2018

La Sée

La Sée

 

D'où vient-elle

déliant le flot de ses cheveux

dans les ors de la baie buveuse de lumière ?

 

Sinueuse

elle suit son cours à pas menus

étire son chemin vers l'infini soyeux

 

La vagabonde luit parée de toutes grâces

le soleil émiettant sa robe décousue

nous dévoile sa chair qu'elle a naïve et bleue

 

Fut-elle sage épouse offerte à la tiédeur des limons de son lit

ou frivole qu’enlacent

d’arche en arche envoûtés

tous les ponts enjôleurs ? 

 

Le temps d’offrir son chant aux pales d’un moulin  

et la voilà noyant ses bras dans le ressac

d’une marée troussée d’oiseaux et de pêcheurs

elle goûte grisée

l’âcre saveur des flaques.

 

Entre les bancs de sable ourlés de prés de sel

la naïade s'égare

échappe à toute trace

s’enlise dans la vase où sa trame s’efface

 

On la nommait : La Sée

en baie de Saint Michel.

*La Sée : Rivière côtière de Normandie qui prend sa source près de Chaulieu et se jette dans la baie du Mont Saint Michel après avoir alimenté un ancien moulin à papier reconverti en écomusée.

 

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22 août 2018

Nuit d'été

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Sur la peau de la mer

frissonnait la lumière

en rides rouges 

bleues et or

reflets du port.

 

La nuit vibrait encore

de l’écho d’une fête

et tu courais

pieds nus

sur la peau de la plage.

 

Ourlant d’écume ton sillage

tes rires en festons

brodaient de galaxies

le grand corps mou de l’ombre

 

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17 août 2018

Le triton

Timeo triton

 

Pour cette tendre chair la mer se fait câline

divague à petits coups de langue,  la féline

lèche la pulpe tiède

de ce fruit qui renoue,

petit triton rieur,

avec ses origines.

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03 août 2018

Odalisque

odalisque (simone Seguela-Saulais

 

La mer s’est délestée de toutes ses guipures

les repoussant du pied, mollement sur la plage.

Il est midi, la dune enfle un édredon sage

au chevet de sa muse endormie sans parures.

 

Son genou s’écartant vient heurter un haut-fond

une morve d’écume en témoigne, s’émiette

sans arracher la belle à sa torpeur muette

ni ravir un soupir à son sommeil profond.

 

La mer a quelquefois la chair lisse et huilée

d’une grande odalisque indolente et hâlée

que l’ardeur du soleil écrase en son alcôve.

 

On l’imagine mal briser un coquillage

mais la voile piquant un léger tatouage

à son épaule craint ses rages de grand fauve.

Image d'après Simone Seguala-Saulais

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29 juillet 2018

Averse

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C’est la gifle d’une aile qu’un coup de vent déplie

avant de trépigner sur les toits c’est la pluie

qu’avalent les gouttières

         goulûment

                 à grand bruit

.

C’est le jardin soudain

       voilé de draperies

                les roses accablées

                        les feuillages vernis …

 

Mais déjà s’est enfuie l’averse et ses fusains

abandonnant l’esquisse au merle qui l’essuie

du revers de son chant

 

Entre ses volets clos

        l’été s’est rendormi

sa joue mouillée s’irise aux rayons du soleil

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20 juillet 2018

Coquelicots

coquelicots

 

Coquelicots légers giclez le long des routes !

Implacable boucher qui saigne tout à blanc

l’été sur son billot vous sème à grosses gouttes

 

Coquelicots légers giclez le long des routes !

Sous le couteau brûlant du soleil qu’on redoute

étoilez les talus de vos taches de sang

 

Coquelicots légers giclez le long des routes

émaillez nos parcours de vos cris éclatants.

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07 juillet 2018

L'échappée du temps

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Laper l’eau des souvenirs

dans la conque de tes mains

c’est tenter de retenir

du sable au creux de ton poing

 

l’échappée du temps ruisselle

entre tes doigts obstinés

à cueillir sur la margelle

l’éclat des bonheurs fanés

 

la vie est une fontaine

du nectar de chaque jour

savoure la bonne aubaine

et ne retiens que l’amour !

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03 juillet 2018

Fenaison

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Au creux de la colline

écrasée de torpeur

la brise s’est lovée sans lever de frissons

 

La prairie est fauchée

s’affalant au soleil

comme une femme lasse

qui délie ses cheveux

 

La nuit

lente à venir

va lustrer son sommeil

 

Somptueuse

demain

giclera sa toison

entre les doigts de fer tournoyants des faneuses

 

Mais ce soir

étalée

baignant dans ses odeurs

la prairie va s’offrir à tous les jeux de l’ombre

 

Sous l’œil rond de la lune

arquée

elle se cambre

dévoile en sa candeur

l’origine du monde

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