19 août 2016

Poète à la ligne

  Il pourrait être un horloger que ses engrenages fascinent huilant tendrement ses rouages lustrant la joue froide du temps   Il pourrait être dans la ville un oiseleur de la truelle qui ferait chanter le béton et scierait les barreaux des cages chaussant les ailes d'un nuage outre les murs et leurs prisons   Mais il préfère de la rive Suivre la danse d’un bouchon Sourire aux rameurs qui s’obstinent à lutter contre le courant il pêche ses mots à la ligne   Dans les... [Lire la suite]
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16 août 2016

Le sel des vieux amants

  Enlevons nos lunettes et galopons à cru dans le flou des contours ensablés du vécu masquons le quotidien d’un rideau de paillettes   Dénouons l’aiguillette entre nos doigts perclus l’insolence est la clé des vieux amants têtus qui s’offrent à tâtons une ultime escampette   Viens, jetons sur les braises le sel de ces fadaises qui craquent sous la dent et nous brûlent la langue   Secouons la torpeur de l’hiver, ce farceur a le derrière en feu sous ses neiges exsangues
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14 août 2016

Méridienne

  De son ventre trop lourd l'été pèse aux persiennes et clôt sur son sommeil la chambre comme un four   les oiseaux affalés sous le poids de leurs ailes se taisent attentifs à couver le soleil   chutent les fruits trop mûrs que poisse la sueur et grignote la ronde épicée des abeilles   un courant d'air éveille un livre naufragé virevoltent des pages éventant le dormeur qui  ébauche  un sourire à la rive d’un rêve un filet de salive humecte sa stupeur
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11 août 2016

Macadam

  Au fil du fleuve Macadam chargé du fret de son vacarme pylônes pêcheurs de nuages tendez vos  lignes vers la nacre du ventre rond des cumulus   Indifférente à vos harpons passe une lente migration baleines grises dont  l’haleine est lourde du suint des camions   Au fil du fleuve Macadam je descends cap à l’horizon
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27 juillet 2016

Moissons

  Eteules brûlées comme un vieux tapis le champ a versé l’eau de ses épis sous le feu ronflant de la moissonneuse qui fumait farouche dure et dévoreuse ouvrant ses tranchées dans le flot meurtri   Sur sa joue rasée rêche et sans couleur le champ s’est figé au fronton des heures qui tournent autour des bottes pressées roues démantelées du char de l’été   L’arène est vidée de ses gladiateurs et le vent fraîchit                         ... [Lire la suite]
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07 juillet 2016

" Sur du velours jauni "

  https://www.youtube.com/watch?v=oOTpQpoHHaw     En marquant la mesure avec son parapluie il suivait par les rues quelque flasque prélude offert aux chiens vaguant au pavé comme lui   Il avait épousé en de secrètes noces une fille aux yeux verts -sa petite misère- La gamine sournoise maigre petite rosse lui soufflait dans le cou des danses de travers en raillant ses faux cols   Il nourrissait d'humour et de mélancolie de vieilles amitiés qui croyaient le connaître et louaient l'ironie de... [Lire la suite]
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04 juillet 2016

Eté de guingois

  L’été s’avance de guingois en nous déversant dans le cou le froid  trop plein de ses gouttières et si quelque rayon s’égare jusqu’à nos genoux pâlichons c’est voilé de mélancolie par une brume délétère   L’été s’étiole sa lumière est un drap usé que déchirent de flaque en flaque les averses essorant les nuées spongieuses   L’été s’éteint morne lampion fumant comme un pétard mouillé    Météopoly des vacances : Le temps des cerises est noyé   sautant celui des pêches à pied ... [Lire la suite]
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29 juin 2016

Le choix du hasard

  Lancer les dés, battre les cartes, jeter sa bouteille à la mer. Tenter les routes qui s’écartent caprices d’un itinéraire.   Avec le désir insolent de fleurir le béton des cours confier son rêve au gré des vents, jeter sa bouteille à l’amour.   Sans rien construire ni bâtir être à l’affût des joies qui passent, les caresser sans les cueillir, puis accepter qu’elles s’effacent.   Et pour finir prendre le large le cœur libre de tout remords couper le fil rouge des marges vider sa bouteille à la... [Lire la suite]
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23 juin 2016

Intérieur au violon (H Matisse)

C'est une chambre où la lumière épouse l’ombre avec passion on voit danser sous sa paupière l’été brasillant de rayons   Le soleil gicle comme un fruit jeté contre les volets clos tout est silence hormis le bruit d’une mouche ardente au carreau   Sur un fauteuil abandonné tout moite encor de sa chanson un violon vient de replier l’aile d’un rêve bleu profond     https://www.youtube.com/watch?v=3VOkrddp6M8
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18 juin 2016

Litanie pourrie

    Chapelets d’averses  litanies en gris  ont tiré la herse  d’un été pourri  constante mitraille  plombant de grenaille  l’étang cravaché  dont le tain s’écaille. 
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