20 août 2015

Apparition

  À la fêlure des saisons ancrant les  labours aux moissons à la césure quand bascule dans ses ombres  le crépuscule elle est passée par les rousseurs d’un soir écrasé de chaleur légère fée gracieux fantôme que ne trahirait nulle trace ses pas menus parmi les chaumes n’ont tissé qu’un songe fugace mais quand elle entra dans le bois la biche-belle avait ourdi avec la trame des éteules le tapis volant de la joie qui scintille sur les jours veules  
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15 août 2015

Moissons

  Eteules brûlées comme un vieux tapis les blés ont versé l’eau de leurs épis sous le feu ronflant de la moissonneuse qui fume farouche dure dévoreuse taillant ses tranchées dans le flot meurtri   Sur sa joue rasée rêche et sans couleur le champ s’est figé au fronton des heures qui tournent autour des bottes pressées roues démantelées du char de l’été   Vaincue dépecée la saison se meurt.  
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08 août 2015

Arthur

  Cet enfant-loup cet oxymore piéton de l’air et paysan des  poings d’étrangleur l’œil faïence du voyou feignant l’innocence   Sous  sa tignasse d’ange triste éclate un  front plein d’éminences  à l’étroit jusque dans sa pipe il crapote un frais cresson bleu   Comment nouer tant de génie dans la cravate de dandy qui se tortille comme un ver au cou de ce héron pervers   Ce cabotin pétri d’injures que choisit un soir la Beauté pour le cagneux de ses genoux qui lui avaient... [Lire la suite]
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02 août 2015

Belle Époque

  L'été s'étale majuscule l'été s'étend le temps bascule dans un hamac le temps bivouaque l'été s'étire canicule et jette aux orties son corset   Sur les plages de Normandie les gants beurre-frais les redingotes tournent casaque  et les dandys en maillot rayé qui barbotent salent les crocs de leurs moustaches dans les ressacs   Plus de tic-tac les montres molles ont fondu dans les goussets du temps perdu le temps bivouaque Belle Époque sur les plages des almanachs 
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23 juillet 2015

Sous mon balcon la mer

  Au pied de mon balcon la mer froissait la nuit du geste d'un dormeur paisible qui s'étire   Sa rumeur s'accordait aux claviers des galets ces bâilleurs d'insomnie dont les dents s'entrechoquent   A l'aube s'arrachant aux draps de sa torpeur la mer jouait à fuir talonnant l'horizon   Le soleil goguenard dardait de ricochets un grand miroir grêlé piqué d'oiseaux bavards   Nous mâchions tout le jour le sel de son haleine tentions d'apprivoiser entre lande et falaise ses fantasques errances ... [Lire la suite]
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11 juillet 2015

Renaissances

                                                                                                       Hosukaï Baigneurs      De sable et d'eau la mer de sel et de courants pétrit à bras le corps criant dans les brisants de blêmes nourrissons qui roulent... [Lire la suite]
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08 juillet 2015

Ton dernier cavalier

  Renonçant aux nuages à leurs songes nomades tu t’es abandonné parmi les hautes herbes   Toi qui n’étais que vent Tu t’es laissé bercer par le chant de la terre soufflant sous tes naseaux l’appel de ses sirènes   La prairie a posé sur tes reins son manteau Elle a sanglé tes flancs  de ses épis mouvants   Epuisé mais confiant sous l’auvent de la haie tu as vu s’avancer ton dernier cavalier   Je tenais ton menton dans le creux de ma main et c’était le plus doux des fruits de mon jardin
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28 juin 2015

D'île et d'elle

    Il rêve d'île il rêve d'elle du  goût de ces baisers poivrés cueillis au creux de ses aisselles Il rêve d'île il rêve d'Eve de l'Eden et de ses vergers gonflés de figues succulentes Il rêve de lèvres mouillées lissant une hampe extasiée il rêve de sa sève en elle … Patient il compte les marées et sur son île désertée iI vit sa vie de naufragé.  
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17 juin 2015

Une gare

  Une gare où s’enroue l’écho d’une comptine Une gare où s’éteint le clair éclat des rires que nargue le hoquet de l’horloge chagrine   Une gare glacée mes mains gantées de vide sans forces pour lever tout le poids du silence   Glissant le long d’un rail l’œil rouge de l’absence palpite comme un cœur dont on brise les liens   Cri muet sur un quai de larmes qu’on retient Une gare écran noir où s’inscrit le mot FIN
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12 juin 2015

Viole de nuit

   Dans la pénombre où danse la flamme d’une viole tu réchauffes les insomnies berçant leurs molles inquiétudes d’une mélodie tendre et sans âge   Musique savante et complice à l’orée du silence maquille du présent la pesante démarche   Lisse le front usé des nuits trop blanches qui s’enlisent au décompte des heures   et tisse dans tes plis un cocon de douceur
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