04 décembre 2016

A mains nues

    Prends mon visage encore un peu entre tes deux mains comme un feu dont tu réveillerais la flamme   C’est à mains nues que tu captures mon regard afin qu’en nous dure le miracle de naître ensemble   Ivoire ébène des années nos jeux de mains sur le clavier ont usé bien des ritournelles Mais si les saisons nous rudoient dans le feuillage de nos doigts  bruisse encore un vent d’allégresse Au creux de ton souffle je suis toujours le même fruit cueilli par le berceau de tes caresses ... [Lire la suite]
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20 novembre 2016

La tempête est passée

  Pelé le ciel à vif a l'éclat du métal   La tempête est passée cuirassée de cristal toute la nuit hachant du soc de sa fureur les forêts chavirées qu'émondait la terreur   Elles  reprennent  souffle pantelantes s'égouttent et sèchent  au soleil dans leurs haillons de mousses   Sous des gravats de feuilles barbelés de bois mort les sentiers ravagés s'égarent vers les breuils   Au verger mutilé fiévreux des merles fouillent parmi les os brisés de l’hiver ils... [Lire la suite]
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06 novembre 2016

Comme neige au soleil

  Sous un ciel piqueté d’abeilles fleurit le givre de la nuit chaque brin d’herbe en son étui ganté de sucre s’émerveille   L’aube lèchera ce poème brûlant du feu de son haleine cette fragile ciselure qui fond comme neige au réveil   Poète ! Oublie cette imposture ton bijou fleure la rengaine !   Photo Gwen
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24 octobre 2016

Cantilène

  La nuit s’agace la nuit m’enlace étrille et sonde tous mes creux s’entortille dans mes cheveux elle me force au face à face avec moi-même   Autour du halo de la lampe s’allongent les ombres serpentent les mots déchirantes écailles tirées des rets de l’insomnie   La nuit blanche cruelle amante chasse à l’affût de chaque faille son étreinte est une géhenne dont je ne sors jamais indemne   Soulevant ses brumes légères l’aube pourtant va s’habiller de la peau neuve d’un poème un frisson... [Lire la suite]
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15 octobre 2016

Nous n'irons plus au bois

  Nous n’irons plus au bois les brumes l’ont mangé le vallon s’est perdu dans une trouble absinthe et les coteaux noyés de grisaille s’effacent un camaïeu d’embruns les brosse en demi-teinte     Nous n’irons plus au bois le maïs est coupé les chemins défoncés entre les chaumes luisent titubent englués de morve et de traîtrises   Nous n’irons plus au bois le geôlier de l’hiver a poussé les verrous  et  bouclé dans l’armoire les brodequins des fous leurs amours buissonnières   ... [Lire la suite]
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03 octobre 2016

Le flacon des rêves

Je voudrais prendre   dans mes doigts le verre éclatant de nos rêves et me griser auprès de toi de leur rubis qui nous enfièvre   De tes vins vieux de tes vins verts au caractère âpre ou moelleux je goûterais les plus pervers avec toi tout est savoureux    Je te proposerais peut-être des liqueurs qui te surprendraient dont tu ne serais plus le maître et qui pourtant te raviraient   J’aurais la robe que tu sais et tu aurais mis dans tes yeux cette petite flamme gaie qui ne brille que... [Lire la suite]
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30 septembre 2016

Voyage en Tziganie

  Nomade tu m’envoûtes dans tes veines les routes brûlent du sang des cuivres enfiévré de violons   Nomade tu m’enchaînes à la musique reine qui glisse ses pieds nus des patios andalous aux portes de l’Ukraine   Nomade tu me soûles quand l’accordéon roule bord sur bord et divague j’ai le cœur qui chavire   Nomade tu me touches et je voudrais manouche semer un peu d'espoir au fond de tes yeux noirs et quelques mots d'amour au bord de ce trottoir
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24 septembre 2016

L'enfance du conte

  La mousse et l’ortie émaillaient les jours   L’œil d’un écureuil dans l’écrin des feuilles et les crocs d’un loup luisaient sous les houx   De ma haute enfance ai gardé la trace préservé la grâce la fraîcheur des sources la fièvre des fours d’un conte gourmand   Me suis fait sorcière pour héberger l’ogre au creux de mes nuits   Nourrie de chimères je n’ai pas vieilli juste réécrit la fable à l’envers et glané des joies parmi les  terreurs  
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11 septembre 2016

L'été est à quai

  Chalutiers des terres les tracteurs cabotent entre les amers des bosquets chenus   Nuées de mouettes ivres à leurs socs criées d'étincelles jaillies des charrues   L'été est à quai l'été est en bottes les labours émiettent les chaumes d'hier et le champ de blé berçant ses épis qui  rêvait la mer effrite ses mottes   Sa panse éventrée livre ses entrailles aux bordées d'oiseaux lâchées en mitraille   … et le vent fraîchit  
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05 septembre 2016

L'amour en jeu

  La chance est à nos côtés dans tous les jeux qu’on partage Le roi de cœur dans ta manche l’atout fleurit mon corsage   On pourrait nous accuser d’être de fameux tricheurs des lanceurs de dés pipés qui jouent un poker menteur   On pourrait nous reprocher d’ignorer le sablier de prolonger la partie en soudoyant le croupier   On nous dit rien ne va plus le jeu n’est plus de votre âge !   L’amour serait-il exclu de tous les jeux qu’on partage ?
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