30 juin 2017

Chevauchée

  Enfourcher son désir chevaucher l’horizon, sans rênes ni remords entrer à pleins poumons dans le vif de l’essor.   Etre cet hidalgo prêt à tout pour séduire le vent froissant la mort sous l’aile des moulins.   Le vent mâche l’ennui sur la meule des songes, le vent qui a conduit l’écho d’une chanson dans les couloirs du temps en soufflant sur ma page.
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26 juin 2017

Fleurs du solstice

Cueillant des gerbes d’étincelles dans les alpages du solstice sous l’arche des nuits j’herborise   Astéracées ébouriffées semis d’ombelles sur l’obscur pluie de pollens en Voie lactée Bételgeuse et Aldébaran sont les divas de mon herbier
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29 mai 2017

Quiberon

  enfant que j’ai jadis bercé dans son panier ouvre les deux battants des portes de la mer écarte devant moi sa splendide colère je marche dans tes pas confiante émerveillée   je t’ai mené longtemps aux rives des rivières t’ai regardé pousser plus haut que les roseaux aujourd’hui tu m’apprends cette terre étrangère insolente et têtue dressée contre les flots   debout dans les embruns tu ris et je suis fière de te voir devenu ce chardon sec et dru luttant contre le vent et conduisant ta mère aux... [Lire la suite]
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09 mai 2017

C'est la tendresse

C’est la tendresse au doux pelage qui s’installe sur nos genoux comme une bête familière use du lit de l’amour fou   Elle réchauffe nos hivers en  s’enroulant à notre cou   C’est un bijou de quatre sous la fleur de givre à la fenêtre qui enchante les aubes floues quand la journée peine à renaître engourdie dans ses draps pilou   C’est ma tendresse qui s’alarme d’un rien d’un faux pas d’un soupir tremblant de lire un morne aveu au miroir sans tain de tes yeux   C’est ta tendresse qui... [Lire la suite]
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22 avril 2017

Elle écrivit longtemps

  Elle écrivit longtemps ses lettres chantaient clair   Alerte et savoureuse elle philosophait en points de suspension épinglait des clins d’œil à ses exclamations soufflait de faux secrets entre deux parenthèses   Ses lignes sinuaient en montant sur sa page se gonflaient de tendresse et de fraîche gaîté   Elle écrivit longtemps puis je vis tituber certains de ses envols - mes yeux … ma petite fille ! elle se raréfiait sa plume tarissait s’allégeant son courrier  me devint plus... [Lire la suite]
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14 avril 2017

Jardin des anges

  Le dédain vous hausse le col jusqu'à l'ennui jusqu'au vertige ô femmes-tiges aux yeux crevés ! Ourlant vos lèvres minuscules  d'une mélancolie lascive les doigts du peintre  vous maquillent croquent un bourgeon de baiser Fines et fières orchidées vos chairs polies vers lui se penchent Dans son délire se déhanchent vos calices où il vient boire  l'austère gravité des anges   « le bonheur est un ange au visage grave » Amedeo Modigliani Femme rousse 1917  
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08 avril 2017

Ce jardin

  Ce jardin qui s’apprête tel au port un voilier à prendre le printemps comme on prendrait la mer cet impatient jardin tendu vers son été n’est-il jamais lassé de courir la chimère des saisons colliers d’îles sans fin ré-enfilées ? 
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07 avril 2017

Ballade du bonheur

Un arc en ciel sous les nuages tire un sourire du teint plombé des jours moroses le bonheur à saute-mouton balaye les orages   écrin moiré d’un courant d’air le bonheur bulle de savon se heurte aux barreaux d’une cage crève vidé de ses chansons   le contenir ou le cerner c’est à coup sûr le condamner au pied du mur où il grelotte le sol se couvre de grêlons
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01 avril 2017

A rebrousse-matins

  On the road nuages Pèlerins éclatants à rebrousse-matins déroulez vos écharpes suspendez vos besaces à l'épaule des vents   On the road nuages Oubliez les falaises de Douvres d'Etretat oubliez cette mer morne qui enfanta les langueurs pelucheuses de vos haleines vierges   Ultreïa baroudeurs Pour vous chantent au loin de blondes Lorelei dont les peignes d'écaille lisseront vos crachins   Pour vous roule là-bas l'accent des Babouchka qui bercent des flocons dans les plis de leurs voix ... [Lire la suite]
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21 mars 2017

Images

    Tandis que des fantoches à leur clinquant s’accrochent étalent frénétiques leurs talents d’enfumeurs   gueule ouverte Mossoul sur ses chicots en ruines   endure sa douleur succombe sans un cri   comme aux crânes hideux que les corbeaux tracassent  sa mâchoire brisée sous les gravats grimace   je n’ai de cette guerre qu’une image brouillée par la vitre souillée d’un écran de poussière   au gamin consterné qui regarde s’enfuir son enfance estropiée à cette femme en... [Lire la suite]
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