10 mai 2016

Nymphéas

  https://www.youtube.com/watch?v=8By4wRkhG3c   Sous les îlots des nymphéas l'étang étouffe des mystères, les ombres épient la lumière qui troue des carpes l'œil béat.    Dans les vapeurs une fée a délié les pâles aumônières des nénuphars qu'à sa manière candide Monet recréa.   Rubans des algues dérivant sous les saules aux doigts languides, on ne sait plus si c'est le vent   ou les courants qui ont, perfides, mêlé sur sa toile les rides de l'air et de l'onde rêvant.
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16 avril 2016

Chausser le vent

      Chausser le vent et saltimbanque se pendre au cou d'un arlequin Confier le veuf à l'orphelin les pantoufles de l'épicier aux crocs d'un tigre de papier livrée au vin bleu de l'errance tenter sa chance   Chausser le vent glisser sa plume entre le marteau et l'enclume coudre des ailes à son coursier qui décroche un quartier de lune avec les dents   Clouer la faim sortant du bois comme un loup aux portes des granges voler dans son regard étrange une étincelle pour tout butin   ... [Lire la suite]
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13 avril 2016

Un frisson de lumière

  Un frisson de lumière sur l’orgue de l’hiver fait vibrer les troncs noirs d’un réveil vaporeux Cette brume de vert souffle au bois ténébreux une haleine d’enfance emperlée de mystère
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10 avril 2016

La chambre rouge

  Viens ! Ecarte de nos yeux le brasier du soleil et referme sur nous cette chambre vermeille    La pourpre des rideaux habille de reflets une source menue que nous avons connue pétillante naguère   Le lit de la rivière a sucé ses cailloux je sens contre ma joue le limon de la baie qui doucement s’ensable en de troublants  remous   Viens ! Pose sur ma bouche ton baiser d’orpailleur   Entre nos doigts frissonne un semis de lueurs je vois briller de l’or au creux de... [Lire la suite]
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08 avril 2016

Sourire aïku

  Courbant la nacre de son cou avec une grâce de cygne elle avait un sourire aïku et l’œil d’une douceur féline lorsqu’elle servait à genoux le thé de vieux Nippons très dignes   La porcelaine de ses joues s’illuminait de cornaline quand sur la soie de ses genoux vibrant d’impatience assassine les verges souples du bambou brûlaient de caresser l’échine de ces grands maîtres du aïku louant leur muse libertine.  
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21 mars 2016

Aube

  L’aube soulève une paupière sur un œil rouge ensommeillé abandonnant comme à regret ses draps de brume laminés   Visant sa cible de lumière l’alouette flèche son cri un renard plonge flamme rousse dans l’encrier de sa tanière   Un chevreuil a levé la tête et mâchant un morceau de ciel il  regarde vaguer au vent la toison bleue de la prairie   Sur l’épaule de la colline la silhouette d’un cheval faufile à grands points l’horizon au rythme d’un galop tranquille   Et son cavalier... [Lire la suite]
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27 février 2016

Le crayon

    Il a l’œil pointu qui s’attache à témoigner à sa façon en laissant légère une trace une esquisse une indication   il est timide et tatillon le doute le mine tracasse la gomme qu’il porte au croupion les preuves les dogmes l’angoissent c’est un poète le crayon
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19 février 2016

Dans les recoins du crépuscule

    Dans les recoins du crépuscule où s’entassent nos souvenirs lorsque j’avance tu recules   Notre tango est un grenier peuplé de chevaux à bascule et de sournoises araignées nous tricotant un avenir de vieux enfants dont l’œil s’égare dans la nasse d’un doux délire   Mais tant que nous tenons la barre à quatre mains mon marinier cahin-caha voguons peinards  parmi les ombres du grenier qui flottent dans le crépuscule de notre mémoire extasiée  
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14 février 2016

Saint Valentin la tendresse

  C’est la tendresse au doux pelage qui s’installe sur nos genoux comme une bête familière prenant le pas sur l’amour fou   Dans le fauteuil au coin de l’âtre elle s’enroule à notre cou elle réchauffe nos hivers c’est un bijou de quatre sous la fleur de givre à la fenêtre qui enchante les aubes bleues quand la journée peine à renaître engourdie dans ses draps frileux   C’est la tendresse qui désarme délie les nœuds de nos aigreurs avec un sourire une larme elle ravive la ferveur d’un refrain qui... [Lire la suite]
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11 février 2016

La giguedouille

  Avant de mordre la poussière avant de brouter la racine des pissenlits qui est amère je veux encor sucrer les fraises et semer des calembredaines dans les allées de mon jardin   Tant que mes poules auront des dents j’irai chatouiller l’air du temps sous l’aile des coquecigrues qui me content monts et merveilles   Je ne suis pas de ces grenouilles qui couvent dans les bénitiers Gober des œufs pour l’au-delà ne me tente pas plus que ça   De mes chats gris de mes chagrins je me lave chaque matin... [Lire la suite]
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