15 octobre 2016

Nous n'irons plus au bois

  Nous n’irons plus au bois les brumes l’ont mangé le vallon s’est perdu dans une trouble absinthe et les coteaux noyés de grisaille s’effacent un camaïeu d’embruns les brosse en demi-teinte     Nous n’irons plus au bois le maïs est coupé les chemins défoncés entre les chaumes luisent titubent englués de morve et de traîtrises   Nous n’irons plus au bois le geôlier de l’hiver a poussé les verrous  et  bouclé dans l’armoire les brodequins des fous leurs amours buissonnières   ... [Lire la suite]
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03 octobre 2016

Le flacon des rêves

Je voudrais prendre   dans mes doigts le verre éclatant de nos rêves et me griser auprès de toi de leur rubis qui nous enfièvre   De tes vins vieux de tes vins verts au caractère âpre ou moelleux je goûterais les plus pervers avec toi tout est savoureux    Je te proposerais peut-être des liqueurs qui te surprendraient dont tu ne serais plus le maître et qui pourtant te raviraient   J’aurais la robe que tu sais et tu aurais mis dans tes yeux cette petite flamme gaie qui ne brille que... [Lire la suite]
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30 septembre 2016

Voyage en Tziganie

  Nomade tu m’envoûtes dans tes veines les routes brûlent du sang des cuivres enfiévré de violons   Nomade tu m’enchaînes à la musique reine qui glisse ses pieds nus des patios andalous aux portes de l’Ukraine   Nomade tu me soûles quand l’accordéon roule bord sur bord et divague j’ai le cœur qui chavire   Nomade tu me touches et je voudrais manouche semer un peu d'espoir au fond de tes yeux noirs et quelques mots d'amour au bord de ce trottoir
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24 septembre 2016

L'enfance du conte

  La mousse et l’ortie émaillaient les jours   L’œil d’un écureuil dans l’écrin des feuilles et les crocs d’un loup luisaient sous les houx   De ma haute enfance ai gardé la trace préservé la grâce la fraîcheur des sources la fièvre des fours d’un conte gourmand   Me suis fait sorcière pour héberger l’ogre au creux de mes nuits   Nourrie de chimères je n’ai pas vieilli juste réécrit la fable à l’envers et glané des joies parmi les  terreurs  
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11 septembre 2016

L'été est à quai

  Chalutiers des terres les tracteurs cabotent entre les amers des bosquets chenus   Nuées de mouettes ivres à leurs socs criées d'étincelles jaillies des charrues   L'été est à quai l'été est en bottes les labours émiettent les chaumes d'hier et le champ de blé berçant ses épis qui  rêvait la mer effrite ses mottes   Sa panse éventrée livre ses entrailles aux bordées d'oiseaux lâchées en mitraille   … et le vent fraîchit  
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05 septembre 2016

L'amour en jeu

  La chance est à nos côtés dans tous les jeux qu’on partage Le roi de cœur dans ta manche l’atout fleurit mon corsage   On pourrait nous accuser d’être de fameux tricheurs des lanceurs de dés pipés qui jouent un poker menteur   On pourrait nous reprocher d’ignorer le sablier de prolonger la partie en soudoyant le croupier   On nous dit rien ne va plus le jeu n’est plus de votre âge !   L’amour serait-il exclu de tous les jeux qu’on partage ?
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31 août 2016

Un matin de septembre

  L’été brasier s’essouffle drapé dans le peignoir d’un matin de septembre enfumé de brouillards Les feuilles de la treille flammèches qu’on balaye  crépitent sous ses pas   Quelques branches trop lourdes s’écroulent au verger la terre s'est gorgée de sucs et de fragrances l’ivresse la nourrit comme une femme soûle   Mais le charme est rompu le festin suspendu Les grives sont repues de l’or des mirabelles   La journée se maquille voile sa nostalgie de fièvre rituelle son... [Lire la suite]
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25 août 2016

Chatteries d'été

  Volupté fauve de midi   A l'ombre des persiennes closes  le chat vautré sur le tapis en tigre se métamorphose et sans merci croque une mouche   Lumière et ténèbres s’abouchent la chambre cligne entre ses cils   Volupté de ces nuits au parfum volubile    Un chèvrefeuille aux doigts agiles s’arrime aux rampes des balcons le chat échappant au fauteuil par la fenêtre s’est enfui et va cacher sous un buisson la lune verte de son œil    Volupté noyée de rosée  ... [Lire la suite]
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19 août 2016

Poète à la ligne

  Il pourrait être un horloger que ses engrenages fascinent huilant tendrement ses rouages lustrant la joue froide du temps   Il pourrait être dans la ville un oiseleur de la truelle qui ferait chanter le béton et scierait les barreaux des cages chaussant les ailes d'un nuage outre les murs et leurs prisons   Mais il préfère de la rive Suivre la danse d’un bouchon Sourire aux rameurs qui s’obstinent à lutter contre le courant il pêche ses mots à la ligne   Dans les... [Lire la suite]
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16 août 2016

Le sel des vieux amants

  Enlevons nos lunettes et galopons à cru dans le flou des contours ensablés du vécu masquons le quotidien d’un rideau de paillettes   Dénouons l’aiguillette entre nos doigts perclus l’insolence est la clé des vieux amants têtus qui s’offrent à tâtons une ultime escampette   Viens, jetons sur les braises le sel de ces fadaises qui craquent sous la dent et nous brûlent la langue   Secouons la torpeur de l’hiver, ce farceur a le derrière en feu sous ses neiges exsangues
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