24 septembre 2016

L'enfance du conte

  La mousse et l’ortie émaillaient les jours   L’œil d’un écureuil dans l’écrin des feuilles et les crocs d’un loup luisaient sous les houx   De ma haute enfance ai gardé la trace préservé la grâce la fraîcheur des sources la fièvre des fours d’un conte gourmand   Me suis fait sorcière pour héberger l’ogre au creux de mes nuits   Nourrie de chimères je n’ai pas vieilli juste réécrit la fable à l’envers et glané des joies parmi les  terreurs  
Posté par amibrett à 17:11 - Commentaires [0] - Permalien [#]

11 septembre 2016

L'été est à quai

  Chalutiers des terres les tracteurs cabotent entre les amers des bosquets chenus   Nuées de mouettes ivres à leurs socs criées d'étincelles jaillies des charrues   L'été est à quai l'été est en bottes les labours émiettent les chaumes d'hier et le champ de blé berçant ses épis qui  rêvait la mer effrite ses mottes   Sa panse éventrée livre ses entrailles aux bordées d'oiseaux lâchées en mitraille   … et le vent fraîchit  
Posté par amibrett à 11:42 - Commentaires [0] - Permalien [#]
05 septembre 2016

L'amour en jeu

  La chance est à nos côtés dans tous les jeux qu’on partage Le roi de cœur dans ta manche l’atout fleurit mon corsage   On pourrait nous accuser d’être de fameux tricheurs des lanceurs de dés pipés qui jouent un poker menteur   On pourrait nous reprocher d’ignorer le sablier de prolonger la partie en soudoyant le croupier   On nous dit rien ne va plus le jeu n’est plus de votre âge !   L’amour serait-il exclu de tous les jeux qu’on partage ?
Posté par amibrett à 11:32 - Commentaires [2] - Permalien [#]
31 août 2016

Un matin de septembre

  L’été brasier s’essouffle drapé dans le peignoir d’un matin de septembre enfumé de brouillards Les feuilles de la treille flammèches qu’on balaye  crépitent sous ses pas   Quelques branches trop lourdes s’écroulent au verger la terre s'est gorgée de sucs et de fragrances l’ivresse la nourrit comme une femme soûle   Mais le charme est rompu le festin suspendu Les grives sont repues de l’or des mirabelles   La journée se maquille voile sa nostalgie de fièvre rituelle son... [Lire la suite]
Posté par amibrett à 18:36 - Commentaires [0] - Permalien [#]
25 août 2016

Chatteries d'été

  Volupté fauve de midi   A l'ombre des persiennes closes  le chat vautré sur le tapis en tigre se métamorphose et sans merci croque une mouche   Lumière et ténèbres s’abouchent la chambre cligne entre ses cils   Volupté de ces nuits au parfum volubile    Un chèvrefeuille aux doigts agiles s’arrime aux rampes des balcons le chat échappant au fauteuil par la fenêtre s’est enfui et va cacher sous un buisson la lune verte de son œil    Volupté noyée de rosée  ... [Lire la suite]
Posté par amibrett à 12:02 - Commentaires [2] - Permalien [#]
19 août 2016

Poète à la ligne

  Il pourrait être un horloger que ses engrenages fascinent huilant tendrement ses rouages lustrant la joue froide du temps   Il pourrait être dans la ville un oiseleur de la truelle qui ferait chanter le béton et scierait les barreaux des cages chaussant les ailes d'un nuage outre les murs et leurs prisons   Mais il préfère de la rive Suivre la danse d’un bouchon Sourire aux rameurs qui s’obstinent à lutter contre le courant il pêche ses mots à la ligne   Dans les... [Lire la suite]
Posté par amibrett à 16:01 - Commentaires [2] - Permalien [#]

16 août 2016

Le sel des vieux amants

  Enlevons nos lunettes et galopons à cru dans le flou des contours ensablés du vécu masquons le quotidien d’un rideau de paillettes   Dénouons l’aiguillette entre nos doigts perclus l’insolence est la clé des vieux amants têtus qui s’offrent à tâtons une ultime escampette   Viens, jetons sur les braises le sel de ces fadaises qui craquent sous la dent et nous brûlent la langue   Secouons la torpeur de l’hiver, ce farceur a le derrière en feu sous ses neiges exsangues
Posté par amibrett à 10:39 - Commentaires [1] - Permalien [#]
14 août 2016

Méridienne

  De son ventre trop lourd l'été pèse aux persiennes et clôt sur son sommeil la chambre comme un four   les oiseaux affalés sous le poids de leurs ailes se taisent attentifs à couver le soleil   chutent les fruits trop mûrs que poisse la sueur et grignote la ronde épicée des abeilles   un courant d'air éveille un livre naufragé virevoltent des pages éventant le dormeur qui  ébauche  un sourire à la rive d’un rêve un filet de salive humecte sa stupeur
Posté par amibrett à 11:17 - Commentaires [0] - Permalien [#]
11 août 2016

Macadam

  Au fil du fleuve Macadam chargé du fret de son vacarme pylônes pêcheurs de nuages tendez vos  lignes vers la nacre du ventre rond des cumulus   Indifférente à vos harpons passe une lente migration baleines grises dont  l’haleine est lourde du suint des camions   Au fil du fleuve Macadam je descends cap à l’horizon
Posté par amibrett à 11:43 - Commentaires [2] - Permalien [#]
27 juillet 2016

Moissons

  Eteules brûlées comme un vieux tapis le champ a versé l’eau de ses épis sous le feu ronflant de la moissonneuse qui fumait farouche dure et dévoreuse ouvrant ses tranchées dans le flot meurtri   Sur sa joue rasée rêche et sans couleur le champ s’est figé au fronton des heures qui tournent autour des bottes pressées roues démantelées du char de l’été   L’arène est vidée de ses gladiateurs et le vent fraîchit                         ... [Lire la suite]
Posté par amibrett à 09:20 - Commentaires [0] - Permalien [#]