20 novembre 2014

La soie

  La flamme de la soie sur un sein se souvient du tendre sceau laissé par la paume dont l’ambre crissait en effleurant les courbes de sa nacre   La soie se dérobait au défaut de l’épaule éveillait un frisson en dénudant le dos un instant suspendue aux méandres des reins disputait leur ellipse aux doigts la poursuivant   Puis elle s'effondrait auréole au tapis évoquant l’éclosion des méduses dans l'ombre  
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18 novembre 2014

La poussière des greniers

  Norman Rockwell (1937)     Dans la poussière des greniers flottent les ailes repliées de secrets remous suspendus au bruissement des éventails    sous les roues de chevaux de bois dont les rats ont mangé les crins traînent quelques billes vernies qui leur font un joli crottin   le mannequin s’est fait tisser un châle par les araignées la brise l’invite à danser sous une lucarne étoilée   la momie d’une musaraigne au fond d’un pot de porcelaine sèche sur un confiturier   ... [Lire la suite]
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16 novembre 2014

Retour

  Cet âge désolé qu’on dit sur le retour je le vois buissonnier comme un chemin d’enfance que la vie nous rendrait pour clore nos vacances je le sens bienveillant un peu plus chaque jour   S’adonnant chaque jour un peu plus au détour à la saveur des fruits plutôt qu’à leur promesse au refrain de l’oiseau plutôt qu’à ses prouesses le périple s’achève en succulent parcours   L’Amérique n’est plus au flanc des caravelles et les fleuves ont bu tous les Eldorado mais ce petit ruisseau qui joue de son grelot ... [Lire la suite]
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15 novembre 2014

Elle (Hopper)

  Elle ne voit pas trouant d’une illusion de rampe en scène sur sa nuit un théâtre de lampes   Elle n'entend pas la chaise et sa question cruelle plantée dans sa raideur de juge en face d‘elle   Elle ne sent pas l'ardeur du radiateur bonasse ni  la froideur lunaire du marbre sous sa tasse    Entendrait-elle monter la flamme bleue du jazz qui caresse sans fin les courbes de sa phrase ?   Elle est perdue échouée aux rives d’un naufrage les plis de son manteau traînant dans... [Lire la suite]
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14 novembre 2014

Jardins d'été, jardins d'hiver

      Jardin public tendres bosquets tonnelle où naissent et se nouent vertes idylles en bouquets fraîches étreintes juvéniles   Jardins de roses éphémères à peine écloses dépouillées jardins secrets secrètes peines s’égarant parmi les allées   Jardins de curés doux­­-­amers ceinturés de raides trémières rites sans ombres ni mystères mariant sécateur et prière   Vienne le temps des potagers des récoltes pesant aux paniers on cèderait bien aux sirènes aux jungles bleues ... [Lire la suite]
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12 novembre 2014

Chanson de novembre

  Novembre danse dans ses gris mouillés bitume et dans ses ors rouillés posthumes danse encore   Novembre brûle des mains froissées qu'en fumées bleues les vents égarent -Bûchers épars-     Novembre tire sur ses manches tord ses poignets noueux et nus   Novembre écoute -Gelée blanche- le pas de décembre qui sonne sous le ciel clair piqué de riz d'une nuit givrée qui chantonne :   -          L'hiver me suit !   Cette voix cruelle et... [Lire la suite]
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11 novembre 2014

Petits poilus

  Liste en  forme de poème vos prénoms qui n’ont plus cours s’inscrivent au cœur du bourg les pieds dans les chrysanthèmes   Petits poilus qu’on salue Ernest  Alphonse et Eugène vous aviez quoi, la vingtaine en quatorze, à peine plus   Fiers gamins que la bataille devait rendre triomphants pour Noël à vos parents   Léon Victor et Fernand dans vos médaillons d’émail vous souriez si confiants !
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09 novembre 2014

Clic-clac city

  Claque  l’éclair de l’élastique d’une jarretière pincée le temps d’un flash photographique sur une cuisse éclaboussée par l’œil d’un mâle médusé   Déjà la jupe est retombée et s’éloignent énigmatiques -Ô  musique mélancolique- des pas pressés sur le pavé d’une ville aux néons lubriques   Roulant des hanches erratiques la nuit crépite cravachée sur ses talons saigne électrique un carrefour galvanisé il suffirait pour l’enflammer d’un rien de regard un déclic  
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08 novembre 2014

L'éclopée

  Au petit malheur au petit bonheur la chance a tourné sur l’écran des heures et cette poupée qui n’a plus de bras qui n’a plus qu’un œil ferait presque peur   Elle fut pourtant aimée autrefois elle fut jolie chérie dorlotée berceuses comptines au creux de l’oreille insufflaient la vie à son corps de bois   Pour quelle infamie fut-elle rasée quels chemins d’exils a-t-elle courus sur ses pieds rompus qui ont disparu   Au petit malheur au petit bonheur le temps l’a serrée trop fort sur son... [Lire la suite]
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05 novembre 2014

Fougères

  Au cou des routes collier d’ambre rousses fougères rebroussées par un soleil rasant la nuque des talus talonnant mes doutes.   Où mène l’ambre de ces routes mordues de ronces et d’errances ?   Parée de mornes redondances la vie n’est plus qu’une apparence.  
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