30 septembre 2015

Chemin creux

  Sous les rinceaux qui postillonnent le chemin creuse son mystère en nous dérobant ses ornières   La nef étrangle entre ses bras d'ambre et de bronze la lumière qui palpite chétive aux confins  de la voûte   On hésite on redoute ce vide qui médite cet œil clair nous aspire au fond de son orbite   Crépitent  sous nos pas les pavés de l'enfer   On frissonne l'hiver se tient en  embuscade il n’y a pas de dérobade  
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24 septembre 2015

Demain

                                                               Photo Hiris Aujourd’hui  flambe aux murs de la vieille demeure la vigne qui frissonne écarlate splendeur mais les fils de la vierge ont lancé leurs grappins ils nous poissent les cils entravent nos chemins et pour peu qu’un corbeau nous écorche l’azur d’une traînée d’aigreur ... [Lire la suite]
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14 septembre 2015

Une autre saison d'être

  Est-il possible que l’été déjà se conjugue au passé    J’étais à peine je m’étonne de la rigueur des pluies d’automne me contraignant à composer avec un temps qui se décline à l’imparfait définitif   Si je suis  cela va sans dire mais quoi  une autre saison d’être  un avatar d’avoir été  clou fiché dans son crépuscule spectre d’étoile corpuscule éteint depuis dix mille années 
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12 septembre 2015

L'ailée s'en est allée

  Les cheminées racinent au creux de leurs tisons les cheminées calcinent des miettes d’évasion   L’hirondelle en passant cisaille leur torpeur   L’hirondelle un instant convoite la chaleur du voyage immobile qui flambe dans leur cœur   Mais l’été qui s’abîme ranime la passion de l’oiseau pour l’espace   Sa fuite au bord du toit laisse une infime trace qu’un coup de vent efface du col des cheminées   Déliée l’hirondelle  l’ailée s’en est allée
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01 septembre 2015

Et d'écluse en écluse ...

  Ourlée de peupliers sous un ciel hédoniste la Vilaine fleurit sa paresse sereine de grappes de cyclistes bouquets de promeneurs et prend pour ses pêcheurs des poses d’odalisque   Des refrains surannés                     échos d’étés sans âge ... [Lire la suite]
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29 août 2015

Chauve-qui-peut

  Mi ange mi démon elle a la griffe ailée Pour démasquer la lune et cache entre ses doigts ses timides journées   Glissant au crépuscule des poutres d’un grenier c’est une ambiguïté  née entre chien et loup   Quand elles se déploient ses mains gantées de soie tissent des équivoques entre mélancolie et rêveries loufoques   Dans son petit groin luit l’acier de ses quenottes 
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25 août 2015

Utopie

  Quel prix es-tu prêt à payer pour ce voyage en Utopie loin des dieux fous de leurs guerriers loin des terreurs et des genoux rampant dans le sang des charniers   Dis-moi qu’es-tu prêt à payer pour fuir les yeux de ces petits s’offrant à des  trottoirs pervers pour avaler trois grains de riz   Crois-tu vraiment qu’en Utopie le sable est plus doux sur les plages pour les noyés panses gonflées tambours de rêves que les crabes vont leur crever   Sais-tu qu’on paye de sa vie ici ... [Lire la suite]
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20 août 2015

Apparition

  À la fêlure des saisons ancrant les  labours aux moissons à la césure quand bascule dans ses ombres  le crépuscule elle est passée par les rousseurs d’un soir écrasé de chaleur légère fée gracieux fantôme que ne trahirait nulle trace ses pas menus parmi les chaumes n’ont tissé qu’un songe fugace mais quand elle entra dans le bois la biche-belle avait ourdi avec la trame des éteules le tapis volant de la joie qui scintille sur les jours veules  
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15 août 2015

Moissons

  Eteules brûlées comme un vieux tapis les blés ont versé l’eau de leurs épis sous le feu ronflant de la moissonneuse qui fume farouche dure dévoreuse taillant ses tranchées dans le flot meurtri   Sur sa joue rasée rêche et sans couleur le champ s’est figé au fronton des heures qui tournent autour des bottes pressées roues démantelées du char de l’été   Vaincue dépecée la saison se meurt.  
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08 août 2015

Arthur

  Cet enfant-loup cet oxymore piéton de l’air et paysan des  poings d’étrangleur l’œil faïence du voyou feignant l’innocence   Sous  sa tignasse d’ange triste éclate un  front plein d’éminences  à l’étroit jusque dans sa pipe il crapote un frais cresson bleu   Comment nouer tant de génie dans la cravate de dandy qui se tortille comme un ver au cou de ce héron pervers   Ce cabotin pétri d’injures que choisit un soir la Beauté pour le cagneux de ses genoux qui lui avaient... [Lire la suite]
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