26 février 2019

Quand les saules chatonnent ...

  Sur les harpes des vents s’accordant à gémir quand les saules chatonnent perlent de vif-argent les rives de l’hiver quand les saules chenillent éclairent de pampilles leurs maussades crinières la sève dans leurs doigts inspire une romance et je sais que des pleurs la saison va guérir
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21 février 2019

Rue du Chat qui pêche

  Et si la rue du Chat qui pêche s'était tatouée de l’Italie sous les aisselles un pot de géraniums au coin de la prunelle du linge sur un fil au cou d’une fenêtre   Et si mes souvenirs descendaient la ruelle derrière un  vieux matou chaloupant vers la Seine tandis qu’une gamine perchée comme un oiseau sur son petit vélo tirait un arc en ciel au long du caniveau   Et si mes souvenirs se taguaient d’imposture du besoin d’habiller de repousser les murs en glissant des fantômes entre leurs genoux... [Lire la suite]
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17 février 2019

Les pierres

  Sous le crâne des pierres des désirs sont enclos que nul soleil jamais ne baigne de lumière   Peut-être songent-elles à la chanson de l’eau pour humecter la soif qui torture leurs os    Peut-être rêvent-elles au plaisir de l’envol à l’effort victorieux pour s’arracher du sol    Sans doute aimeraient-elles imaginer la mort les délivrant enfin de leur aridité de l’écrasant ennui de leur éternité      Image Jeanine Martin-sacriste    
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05 janvier 2019

La vie s'enterre

La vie toute crue s’est enfouie profond au champ de l’effroi   L’hiver qui piétine écrase ses mottes la vie ne crie plus terrée sous sa botte   Imagine–t–elle encore un printemps une bolée d’air épicée de vent  et le goût de mordre au fruit de l’instant ?
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01 janvier 2019

Ephéméride

  La nostalgie collée aux dents comme une feuille de salade la vieille année quitte la table en repoussant d'un ventre lourd l'œil embrumé sa coupe vide   Elle a sucé jusqu'au dernier les feuillets de l'éphéméride Elle a tassé dans les poubelles les papiers dorés   les ficelles qui maquillaient grossièrement ses démissions les plus cruelles    La vieille année aurait aimé qu'on se remémore ses charmes qu’on la retienne dans sa fuite et lui fasse un brin de conduite   Las, la voilà... [Lire la suite]
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22 décembre 2018

Je voudrais

  Comme l’aile d’écume épaulant le navire Comme un volet qui claque applaudissant le jour Comme la faim qu’on hume à la porte du four Comme un drap qu’on retire à l’aube du désir   Je voudrais déposer sur le seuil de ta cour le bouquet de mes mots renoncules naïves arrachées au ruisseau qui froisse ses eaux vives dans les prairies rêvant les saisons à rebours  
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18 novembre 2018

Champs de novembre

    Sous leur couverture de laine les champs s’étirent leur haleine au matin monte des sillons entre les mailles des semailles   Des mouettes jaillies de la brume secouent un édredon de plumes   Novembre couve le mystère frileux des noces de la terre qui fait l’amour avec la mort.     photo: Pascal Duvet  
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11 novembre 2018

Petits poilus 2

  Petits poilus qu’on salue Ernest  Alphonse et Eugène vous aviez quoi, la vingtaine en quatorze, à peine plus. Vos prénoms qui n’ont plus cours brodent d’or au cœur des bourgs le granite où ils s’égrènent.   Léon Victor et Fernand dans vos médaillons d’émail vous souriez si confiants ! Braves gamins ! Au bercail vous deviez rentrer fringants pour Noël chez vos parents …   Petits poilus qu’on salue Gaston Alfred ou Etienne vos mère, amantes, marraines aujourd’hui n’espèrent plus ... [Lire la suite]
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31 octobre 2018

La requête des chrysanthèmes

    Ébouriffés les chrysanthèmes bouillonnent Place du Marché sous leurs tignasses de rebelles gronde un concert de voix outrées :   « Nous avons beau sur tous les tons chanter la vie nous embraser gonfler nos pompons nos chignons en de subtiles variations japoniser nos protestations restent vaines en cimetière nous menez au seul gala qui nous convienne vous en êtes persuadés   Croyez-vous adoucir l’exil de vos défunts encalminés sous nos falbalas inutiles dès demain ils seront fanés ... [Lire la suite]
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24 octobre 2018

L'hiver approche

  L’hiver approche à reculons Aux coins des murs, chaussé de plomb il traîne une ombre délétère   S’attardant plus que de raison l’été pieds nus dans sa lumière jusqu’en octobre a tenu bon     Les danses de demi-saison n’ont plus cours et les chrysanthèmes préludent émus de frissons à l’ouverture d’un requiem
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