17 août 2018

Le triton

  Pour cette tendre chair la mer se fait câline divague à petits coups de langue,  la féline lèche la pulpe tiède de ce fruit qui renoue, petit triton rieur, avec ses origines.
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03 août 2018

Odalisque

  La mer s’est délestée de toutes ses guipures les repoussant du pied, mollement sur la plage. Il est midi, la dune enfle un édredon sage au chevet de sa muse endormie sans parures.   Son genou s’écartant vient heurter un haut-fond une morve d’écume en témoigne, s’émiette sans arracher la belle à sa torpeur muette ni ravir un soupir à son sommeil profond.   La mer a quelquefois la chair lisse et huilée d’une grande odalisque indolente et hâlée que l’ardeur du soleil écrase en son alcôve.   On... [Lire la suite]
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29 juillet 2018

Averse

    C’est la gifle d’une aile qu’un coup de vent déplie avant de trépigner sur les toits c’est la pluie qu’avalent les gouttières          goulûment                  à grand bruit . C’est le jardin soudain        voilé de draperies                 les roses accablées ... [Lire la suite]
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20 juillet 2018

Coquelicots

  Coquelicots légers giclez le long des routes ! Implacable boucher qui saigne tout à blanc l’été sur son billot vous sème à grosses gouttes   Coquelicots légers giclez le long des routes ! Sous le couteau brûlant du soleil qu’on redoute étoilez les talus de vos taches de sang   Coquelicots légers giclez le long des routes émaillez nos parcours de vos cris éclatants.
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07 juillet 2018

L'échappée du temps

  Laper l’eau des souvenirs dans la conque de tes mains c’est tenter de retenir du sable au creux de ton poing   l’échappée du temps ruisselle entre tes doigts obstinés à cueillir sur la margelle l’éclat des bonheurs fanés   la vie est une fontaine du nectar de chaque jour savoure la bonne aubaine et ne retiens que l’amour !
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03 juillet 2018

Fenaison

  Au creux de la colline écrasée de torpeur la brise s’est lovée sans lever de frissons   La prairie est fauchée s’affalant au soleil comme une femme lasse qui délie ses cheveux   La nuit lente à venir va lustrer son sommeil   Somptueuse demain giclera sa toison entre les doigts de fer tournoyants des faneuses   Mais ce soir étalée baignant dans ses odeurs la prairie va s’offrir à tous les jeux de l’ombre   Sous l’œil rond de la lune arquée elle se cambre dévoile en sa candeur... [Lire la suite]
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19 juin 2018

La piste aux étoiles

  Matins débarbouillés vêtus par habitude gantés de petits riens et chaussés de routine   Les chevaux s’en retournent au manège trotter l’échine empanachée sur les traces d’hier   Mal éclairée de rires jaunes la farce dans le rond de l’arène   s’obstine à pousser son archet sous le nez de l’Auguste   Il faut bien du talent pour étoiler d’enfance la piste sur laquelle à petits pas comptés la vie se démesure en son cadran rouillé
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15 juin 2018

Nocturne au Mont

  Ni vent ni vague avec la nuit la baie livrée à l’équivoque sous le rempart bat la breloque glissements sourds molles errances envoûtement de boues rêveuses en mouvance   Ni vent ni vague rampe la mer palpe les murs gorgeant de sèves la grève obscure   Ni vent ni vague la marée berce dans la vase un poing de pierre serrant dans l’ombre une pépite de lumière    Entre ses doigts coulées de marches assoupies vouées aux chats gris pèlerins dévots impies
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13 juin 2018

Labyrinthe

  J'habite un labyrinthe ébouriffé de buis jardin de pas perdus de détours et d'errances où le mufle du vent soulève les fragrances d’un été révolu   Quand la vie se délite en allées et venues   autour d'un rien de sens d’une pensée ténue se perdant à loisir au hasard des bosquets il me manque l’élan de ce battement d’ailes qui pourrait m’arracher au sable sans issue pour aller respirer l’haleine du soleil  
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11 juin 2018

Rude pays

  Sous les solives des orages tes ciels déchirent la lumière en froissent des lambeaux harponnés par les flots   Pays fier et taiseux étrillé par le vent sous la toison de tes ajoncs un rien de chair cousue de nerfs     Pour tenir tête à l’océan tu n’as que la peau sur les os   Remontant tes abers c’est le sang de la mer   qui cogne dans tes veines et va baigner ton cœur battant sous le granit   Dans tes yeux lessivés par le feu des embruns traînent des rêves de bocages lacérés... [Lire la suite]
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