Modigliani femme aux cheveux roux 1917

 

Le dédain vous hausse le col

jusqu'à l'ennui

jusqu'au vertige

ô femmes-tiges

aux yeux crevés !


Ourlant vos lèvres minuscules 

d'une mélancolie lascive

les doigts du peintre 

vous maquillent

croquent un bourgeon de baiser


Fines et fières orchidées

vos chairs polies vers lui se penchent


Dans son délire se déhanchent

vos calices où il vient boire 

l'austère gravité des anges

 

« le bonheur est un ange au visage grave »

Amedeo Modigliani

Femme rousse 1917