les nuits transies

 

Les nuits transies

troussées d’étoiles

les nuits taillées dans le cristal

traînent dans l’herbe des clairières

de fins jupons amidonnés

que l’aube sucre d’étincelles

 

La vierge sage qui soupire

sous le glacis de ses dentelles

fait déguerpir les amoureux

l’onglée leur mordant les orteils

 

L'œil embué sous sa mantille

mariée dont la pudeur chancelle

la forêt candide grésille

rôtie sur les braises du gel

 

Sur le ciel clair passe une agate

bille de glace

calot de feu 

le soleil bas roule et se hâte

vers des rituels moins frileux

des épousailles

plus canailles

que ces effeuillages gracieux