Tablecriture4

 

La nuit s’agace

la nuit m’enlace

étrille et sonde tous mes creux

s’entortille dans mes cheveux

elle me force au face à face

avec moi-même

 

Autour du halo de la lampe

s’allongent les ombres

serpentent

les mots

déchirantes écailles

tirées des rets de l’insomnie

 

La nuit blanche

cruelle amante

chasse à l’affût de chaque faille

son étreinte est une géhenne

dont je ne sors jamais indemne

 

Soulevant ses brumes légères

l’aube pourtant va s’habiller

de la peau neuve d’un poème

un frisson clair

un frais murmure

 

Nourri du venin de l’obscur

le jour déploie sa cantilène

Photo J. M. Maulpoix